
Dans les années 1770, un architecte du Roi quitte les fastes de Versailles pour remanier une demeure du Bourbonnais. Son œuvre au Creux témoigne d’un classicisme sobre et maîtrisé.
Un architecte du Roi
Nicolas-Martial Foacier appartient à cette génération d’architectes formés au contact des grands chantiers royaux. Versailles n’est pas qu’un palais : c’est une école, où s’élabore une grammaire (proportions, symétrie, sobriété des ornements) qui essaimera dans toute la France du XVIIIᵉ siècle.
Le chantier du Creux
C’est François-Marie de Fougières, sous-gouverneur des enfants de France, qui fait appel à lui. La demeure médiévale est alors profondément remaniée : corps de logis central surélevé, fronton triangulaire, ailes en saillie et pavillons mansardés referment une cour d’honneur. L’essentiel de la silhouette que l’on voit aujourd’hui date de cette campagne.
Une élégance de mesure
Ce qui frappe au Creux, ce n’est pas l’ostentation, mais la justesse. Foacier transpose la rigueur versaillaise à l’échelle d’une demeure de famille : pierre locale, ardoise, baies régulières, lignes nettes.
Un héritage vivant
Deux siècles et demi plus tard, le château porte toujours la signature de Foacier. Restauré par Edmond Duthoit à la fin du XIXᵉ siècle, il a conservé son parti d’origine.
