
Dans les années 1770, un architecte du Roi quitte Versailles pour le Bourbonnais. Au Creux, il ne bâtit pas le château : il compose autour de lui l’une des plus belles perspectives de la province.
Un architecte du Roi
Nicolas-Martial Foacier est architecte et dessinateur des Bâtiments du roi, contrôleur et inspecteur de ces mêmes bâtiments, commissaire-voyer de la ville de Versailles. Versailles n’est pas qu’un palais : c’est une école, où s’élabore une grammaire (proportions, symétrie, sobriété des ornements) qui essaimera dans toute la France du XVIIIᵉ siècle.
Le chantier du Creux
C’est François-Marie de Fougières, sous-gouverneur des enfants de France, qui fait appel à lui. Le château existe déjà, vraisemblablement depuis la première moitié du XVIIIᵉ siècle : venu au Creux en mai 1775, Foacier y reste trente-quatre jours pour relever les plans de ses différents étages, des cours, des potagers et du parc. Il touche peu au château lui-même. Il ajoute en revanche, de 1775 à 1780, la glacière, le colombier, les écuries, le pavillon des cuisines, celui des archives et des bains, l’avant-cour, les grilles d’entrée et le réservoir qui alimente le château en eau. Seul un canal, prévu à l’arrière du château, ne voit jamais le jour.
Une élégance de mesure
Ce qui frappe au Creux, ce n’est pas l’ostentation, mais la justesse. Sur ses plans, conservés dans les archives du château, Foacier trace en noir les bâtiments existants et en rouge ceux qu’il projette : d’autres bâtiments s’ajoutent à ceux qui existent, des arbres sont plantés, pour obtenir cet équilibre des lignes et des masses propre à l’art classique.
Un héritage vivant
Deux siècles et demi plus tard, l’arrivée au Creux suit toujours la succession de cours dessinée par Foacier. Le fronton qui couronne aujourd’hui la façade est plus tardif : il date de la restauration conduite par Edmond Duthoit entre 1883 et 1889.
Source : Bulletin de la Société d’émulation du Bourbonnais, 4ᵉ trimestre 1953.

Le Château du Creux est un domaine familial du Bourbonnais, au cœur de l’Allier. Ouvert aux séjours, aux réceptions, aux séminaires et à la chasse, il partage ici son histoire, son parc, ses saisons et la vie du domaine.
