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Chasseur et chien d'arrêt dans le couvert bocager du domaine du Creux en octobre

En territoire morcelé, la chasse devant soi dure dix minutes avant la première limite de propriété. Au Creux, elle dure la journée.

Ce n’est pas une question de standing. C’est une question de géographie. La chasse devant soi est l’une des rares pratiques cynégétiques où la qualité du territoire prime absolument sur tout le reste : sur le nombre d’animaux lâchés, sur la qualité du chien, sur l’expérience du chasseur. En dessous d’un certain seuil de superficie d’un seul tenant, la pratique perd son sens. Elle devient une succession de demi-arrêts, de rappels forcés, de renoncements à la lisière d’un champ qui ne vous appartient pas.

Ce qu’est la chasse devant soi

La chasse devant soi, appelée aussi chasse à tir devant chien, n’a rien à voir avec la battue. Pas de traqueurs, pas de ligne de tireurs postés. Un chasseur ou un petit groupe de deux à quatre, qui avance dans le couvert en suivant son chien. Le chien travaille devant, nez au vent ou nez au sol selon la race et localise le gibier. Quand il marque l’arrêt, le chasseur approche. Le gibier lève. On tire ou on ne tire pas.

L’arrêt est le moment central de cette chasse. Le chien fige. Le corps tendu, une patte avant levée, le regard fixe dans le couvert. Ce silence qui précède la levée dure parfois dix secondes, parfois une minute. C’est pour cela qu’on chasse devant soi.

Les chiens utilisés sont majoritairement des chiens d’arrêt : braque, épagneul Breton, setter irlandais, pointer. Certains territoires accueillent aussi des chiens courants à allure modérée pour la bécasse. Dans tous les cas, le chien travaille en liaison constante avec le chasseur : il ne doit jamais être à plus de cent cinquante mètres, sous peine de perdre le contact et de manquer la levée.

Cette pratique exige de la place. Beaucoup de place. Et de la continuité.

Pourquoi le territoire est la condition de tout ?

Un territoire morcelé, c’est un territoire où le couvert s’interrompt toutes les deux cents mètres à cause d’une limite de propriété, d’une route, d’un champ cultivé non chassé. Le chien travaille bien, marque un arrêt en bordure d’une haie prometteuse et le chasseur doit rappeler parce que la haie appartient au voisin. On recommence. Deux cents mètres plus loin, même scénario.

En Bourbonnais, les territoires privés sont souvent constitués de plusieurs parcelles non contiguës, séparées par des terres agricoles en fermage ou des bois communaux. Le chasseur qui loue une journée sur ce type de domaine passe autant de temps à contourner les limites qu’à chasser.

Le domaine du Creux couvre 1 100 hectares d’un seul tenant. C’est la condition première. Les haies bocagères se succèdent sans interruption sur plusieurs kilomètres, reliées par des aulnaies qui longent l’Aumance. Le chien peut travailler une matinée entière sans que son maître ait à rappeler pour une question de limite.

La structure du bocage bourbonnais est particulièrement adaptée à cette chasse. Les haies épaisses, aubépines, prunelliers, noisetiers, offrent un couvert dense où le faisan se tient volontiers. Les lisières entre prairies et bois créent des zones de transit que la perdrix grise fréquente à l’aube. Les zones humides le long de l’Aumance retiennent la bécasse en migration d’octobre à décembre.

C’est une des rares configurations de ce type encore accessibles en Bourbonnais. Un territoire morcelé ruine une journée de chasse : le sujet mérite d’être posé clairement avant de réserver quoi que ce soit.

Les espèces : comportement face au chien

Faisan s'envolant d'une haie dans le couvert du domaine du Creux

Le faisan commun est l’espèce la plus présente sur le domaine en début de saison. Il court volontiers plutôt que de tenir l’arrêt. Un chien bien dressé le contourne, le bloque contre un obstacle naturel, une haie dense ou un tas de branches et force la levée. Le faisan coq, une fois levé, prend de la hauteur et vole droit sur cinquante à soixante mètres avant de piquer. Le tir est net et lisible.

La perdrix grise est plus délicate. Elle tient mieux l’arrêt que le faisan mais lève en compagnie : quand une perdrix part, les autres suivent dans les deux secondes. Le chasseur doit choisir son oiseau avant la levée, ce qui suppose d’être en position dès que le chien marque. La perdrix fréquente les bordures de prairies, souvent à découvert le matin quand elle se réchauffe, puis elle rentre dans le couvert dès neuf heures.

La bécasse est l’espèce la plus recherchée par les amateurs de chasse devant soi. Elle arrive en migration à partir de fin octobre, selon les conditions climatiques du nord de l’Europe. Elle se tient dans les zones humides, sous les aulnes et les saules, là où le sol reste meuble. Elle lève silencieusement, monte en spirale entre les branches et disparaît. Le tir est court, souvent à moins de vingt mètres, dans un couvert qui oblige à laisser le chien marquer longuement avant d’approcher. Cette année, la première vague est attendue début novembre si les conditions de gel scandinave se confirment.

La journée au Creux : ce qui se passe concrètement

Le rendez-vous est fixé à huit heures. L’air d’octobre sent la terre mouillée et la feuille froissée. Le garde du domaine présente le plan de chasse de la journée : deux ou trois secteurs de couvert, un ordre de passage, les zones à éviter pour ne pas déranger le gibier sédentaire avant l’heure.

Le premier secteur est généralement la lisière est, là où les haies bocagères descendent vers l’Aumance. Le chien travaille vite dans la rosée. La lumière est encore rasante à cette heure, elle traverse les haies horizontalement et éclaire chaque brin d’herbe. Le premier arrêt intervient souvent dans les vingt premières minutes.

La matinée occupe deux secteurs. Le rythme est celui du chien et du couvert, pas celui d’un horaire. On marche. On s’arrête. On attend. On marche encore. Pour un petit groupe de trois chasseurs, il faut compter six à huit kilomètres sur une matinée, selon la densité du couvert et le nombre d’arrêts.

Le déjeuner est servi au château vers treize heures. Le tableau de la matinée est posé. On mange. L’après-midi reprend vers quatorze heures trente sur un secteur différent, souvent plus boisé, pour la bécasse si la saison s’y prête.

Le garde est présent sur le terrain, disponible mais discret. Son rôle n’est pas de conduire la chasse à la place des chasseurs : il connaît les sectors, sait où le gibier s’est tenu la veille et peut orienter sans imposer. Pour les groupes qui viennent pour la première fois, cette connaissance du terrain fait gagner deux heures sur la journée.

Le tableau en fin de journée dépend du couvert, de la météo et du chien. On ne vend pas un nombre de pièces garanti. Ce n’est pas ce type de chasse. La chasse devant soi ne ressemble pas à un tir sur gibier lâché à l’avance devant les tireurs. Si c’est ce que vous cherchez, la battue sur ce même territoire répond à une logique différente.

Organiser sa journée

Les journées de chasse devant soi au Creux sont organisées en petit groupe, trois à cinq chasseurs maximum. La saison court de septembre à fin janvier selon les espèces. Les week-ends de septembre et octobre partent en premier. Le prochain créneau disponible est celui du week-end du 26 septembre 2026, qui propose une formule gibier de plume avec hébergement sur place.

Pour les détails pratiques et les conditions d’accueil, notre page sur la chasse rassemble les informations de saison, les espèces présentes et les modalités de réservation.

Le domaine n’a pas de lodge de chasse au sens strict. On dort au château, on dîne à la même table le soir. C’est un parti pris. Certains le cherchent. D’autres préfèrent un prestataire purement cynégétique et c’est tout à fait compréhensible.

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